Dix ans et faire un point

Je ne sais pas si vous vous êtes déjà mis à dresser des bilans à un certain stade votre vie ou si, à période régulière, vous faites le point, vous prenez le temps de vous poser, comme dit. De mon côté, ce n'est pas vraiment une habitude. Cela me vient à la fin d'un voyage ou à la fin d'une période de travail. En somme, quand ça vient, il s'agit de réfléchir sur une expérience relativement courte et essayer de saisir ce qu'elle m'a appris. C'est souvent un moment durant lequel on se retrouve sans grand-chose à faire. On se trouve dans un hall d'aéroport en attendant l'embarquement ou dans son salon, près à affronter une nouvelle période de chomdu (Ô joie !)

Ces derniers temps, j'ai fait le point. Ça m'a pris tout le mois de juin. Un peu longuet, non ? Il faut dire que j'ai posé à plat une période assez longue de ma vie. Dix ans.

 

Il y a de bonnes raisons à une introspection aussi longue. Pour voir les choses de façon simpliste, disons que ça fait dix ans que j'ai mon bac. Et là, vous vous dites : « mais c'est fou comme le hasard fait bien les choses, les résultats du bac tombent aujourd'hui ! » Les flagorneurs diront que c'est très bien pensé. Ce petit papier à cette date, quel timing, quel talent ! Et d'autres mauvaises langues diront que ceci n'est pas innocent, que c'est forcément calculé voire qu'il s'agit là d'une preuve de plus que le complot judéo-maçonnique des reptiliens est en œuvre, car tout est complot. Enfin. Bon. Bref. Revenons au sujet.

Faire le point. « . » Je suis retourné dix ans en arrière, l'année de l'obtention de mon bac. Pour la petite histoire, un bac économique et social option anglais. La première chose à laquelle je pense en écrivant ceci, c'est qu'aujourd'hui j'appréhende volontiers les pages « éco » du Monde comme des traités d'art conceptuel et que je parle anglais avec un léger accent espagnol teinté d'un zeste de néerlandais patoisant. Pour ne pas me vexer, mes amis qualifient mon anglais d'« original » et je suis convaincu qu'il s'agit d'un compliment honnête sans aucune forme d'ironie. Bref, ce bac est une réussite !

 

 

Je pourrais dresser un topo plus complet mais cela, je le garde pour moi. Alors, disons que ces dix dernières années ont été moins originales que mon anglais. Cinq ans d'études et cinq ans de... de... de boulot mal payés, de situation où il a fallu retourner vivre chez les parents, de recherche de soi, de boulot mieux payés mais sans motivation, de boulot motivant mais à mi-temps, de recherche d'emploi et de recherche de soi, de parents qui sont là pour aider, de manque de respect par ses boss, de recherche de soi et de recherche d'emploi. Bref, cinq ans de pur bonheur nirvanesque (le mot orgasmique est trop vulgaire).

Présenté ainsi, cela peut ressembler à du temps perdu. Disons qu'au bout de ces dix années, l'horizon s'éclaircit. Tout n'est pas encore gagné mais ça va mieux. J'arrive à donner un peu de cohérence et de perspective à mes pérégrinations professionnelles. Je mets enfin de l'ordre dans ce bazar composé de piges, de CDD et autres bizarreries de ce qu'il reste du code du travail.

Si il y avait une chose de particulier à retirer de ces dix années, c'est la création de ce blog. Cet espace de liberté a fait partie des petites lueurs d'espoir qui me poussaient à avancer dans les moments compliqués.

Aujourd'hui, ce blog a trois ans et trois mois. Cet âge un peu jeunot est trompeur. L'envie d'écrire sur le web me taraude depuis ma deuxième année de fac' (voir avant). J'ai franchi le cap en troisième année en ouvrant un blog pour le fermer quelques mois plus tard. D'autres portails ont été ouverts depuis sur Wordpress, blogspot, des sites de journaux etc. Et ils connurent le même sort. La faute à pas de temps, à l'absence de « ligne éditoriale » même si je n'aime pas beaucoup cette expression, aux interfaces de publication qui ne me convenaient pas. Je ne vais pas lister ici l'ensemble des essais, des tentatives, des trucs qui ont marché, moins bien marché, de ce que j'ai fait avec enthousiasme, de ce que j'ai fait avec moins d'enthousiasme... Je retiens que l'interface « e-monsite » me convient et que je tiens enfin un espace de publication régulier dans le sens où il a survécu plus d'un an.

L'occasion est donc toute trouvée pour vous donner les perspectives de publication à venir ici.

 

Première chose, j'ai supprimé la pub. Les lecteurs qui me suivaient ici, se plaignaient des pop up intrusifs qui, il faut l'admettre, gâchaient leur lecture. Les voilà comblés ! Les pop up ne sont plus (mais comme je suis un brin caustique, j'ai ajouté des gifs, histoire de ne pas trop être perdu). J'espère que vous y gagnerez en confort et vu que nous parlons investissement, je n'exclue pas d'acheter mon nom de domaine un jour mais chaque chose en son temps.

Seconde chose, j'ai réorganisé les rubriques. Ceux qui aimaient mes poèmes, y trouveront toujours leur compte. Ceux qui aimaient mes récits, également. J'ai ajouté un espace dédié aux « Pensées ». C'est ici que cet article est publié. C'est là aussi que je me donne des objectifs de publication régulière. Pourquoi ici plus particulièrement, et non pas en fiction ou en poésie ? Car ces textes créatifs réclament du temps et ne peuvent pas être écrits dans l'urgence. La rubrique « Pensées » comme son nom l'indique, permet cela et parlera de ce qui me passe par la tête. Ce sera parfois court (une citation) (donc, oui, vraiment très court), parfois long (comme ce billet). Certains billets seront fouillés d'autres beaucoup moins (comme celui-ci d'ailleurs). Seule contrainte : deux billets par mois. En farfouillant un peu sur Internet, sur le rythme de publication idéal d'un blog, il semblerait que c'est assez peu et je le reconnais volontiers. Ce rythme a été choisi pour me permettre de faire vivre ce blog tout en me laissant le temps (je l'espère) de travailler mes poèmes, mes récits et l'autre nouvelle rubrique de ce blog : « Documentaires ». Dans ce dernier espace, il s'agira de toute forme de contenu en lien direct avec le réel. On trouvera des compte-rendus d'événements chouettes, des portraits de personnes farfelues, dingues, zarb' ou de reportage dans la pampa. Cette rubrique se construira en fonction des envies et des rencontres.

Troisième chose : l'espace de galerie-photo. Lui aussi changera de vocation. De façon moins brutale, toutefois. Mes projets m'amèneront à expérimenter davantage la photographie d'essai, à l'image du projet « Retour de brume ». Je ne sais pas encore quelle forme cela prendra exactement mais j'y réfléchis, promis.

 

Pour le reste, cela viendra plus tard, au fil des billets.

Ce blog a donc trois ans mais il a mis au moins dix ans à se forger. On va pas se mentir, il y a énormément d'écrits personnels ici. Cette recherche éditoriale, c'est aussi le reflet d'une recherche de soi, bourrée d'hésitation, d'incohérence, d'un pas en avant, de trois pas en arrière... Une fois, que l'on est plus au clair sur soi-même, le reste suit ; ce blog a fait partie de ce vaste reste. Ces petits projets, ces rêves de carton-pâtes, pas ouf à mettre en œuvre, mais sur lesquels on n'arrive pas à se concentrer parce qu'on a déjà bien d'autres choses à penser. Ce blog a mis dix ans à arriver à une relative maturité et j'espère qu'il en gagnera encore dans les années à venir. On fera le point d'ici une petite dizaine d'années...

 

 

 

Bien @ vous

 

Br.

 

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