Nils Frahm ou la légèreté cristalline d'un flocon de neige 2/2

Je ne sais plus si je vous l'ai déjà dit. Les articles que j'écris pour ce blog, je les compose longuement à l'avance : il peut bien s'écouler plusieurs mois entre l'écriture d'un billet et la date de sa publication et cela n'est pas sans poser quelques problèmes de coordination, voire de synchronisation avec l'actualité. Ainsi la semaine dernière, je vous quittais avec un article consacré au musicien allemand : Nils Frahm, écrit à la fin du mois de novembre dernier.

 

C'était sans compter sur la sortie d'un nouvel album le 26 janvier et un concert à l'aéronef de Lille le 2 février, pour promouvoir le dit album. Bref, il s'est passé bien des choses avec cet artiste depuis l'écriture de l'article précédent, et je n'avais pas envie de donner l'impression que j'étais passer à côté de quelques autres merveilles. Parce que pour le coup, avec ce que je vous ai déjà fait découvrir la semaine dernière, la dernière création du compositeur allemand est une épiphanie !

 

Commençons par le titre de ce nouvel album : All Melody. Car il signifie tout. Avant son dixième album, Nils Frahm qui s'était cantonné, jusque là, à son instrument d'origine : le piano, avec une exception peut-être pour la musique électronique, part en exploration vers d'autres continents musicaux. All Melody aurait pu aussi s'appeler All Instrument. On y trouve des trompettes, des flûtes de pan, des percussion, des orgues, du beatbox, voix etc.

 

 

C'est presque un homme orchestre qui se présente à nos oreilles. All Melody permet à Nils Frahm de porter à maturité un bon nombre d'essais, de tentatives et d'expériences, surtout il donne une cohérence à l'ensemble de ses explorations. Dans le billet de la semaine dernière, je concluais avec « Our own roof », composition propice à la rêverie, à l'onirisme. Seulement sur l'ensemble de la B.O. du film « Victoria », ce set paraît bien isolé vis-à-vis du reste. Dans All Melody, le set « My friend, the forest » remonte aux sources de l'artiste, il fait écho à « Our own roof », à « Screws », tout en parvenant à trouver sa place dans le tournant contemporain que l'artiste vient d'opérer.

 

Ce qui caractérise donc cet album, c'est l'équilibre entre modernité et tradition, passé et futur, moment paisible et moment de transe... car, parfois, on a bien envie de danser certains extraits de l'album, comme ça aurait pu être le cas sur certains sets de Screws Reworked.

 

Toujours dans la poursuite d'explorations précédentes, le set « All Melody » pousse plus loin encore le travail effectué avec "Says" : des notes plus graves, des phrases plus furtives, plus finement travaillées et des percussions qui expriment ici tout le volume propice à une transe.

 

Et Nils Frahm ne cesse de nous rappeler que la musique comprend l'univers tout entier (titre du premier set de l'album), le Berlinois se met encore à nous raconter des histoires ici et là. Tantôt on se retrouve plongé dans une ville moderne, à l'intérieur d'un véhicule, l'atmosphère est pesante, on imagine le début d'un trhiller...

 

… tantôt, il s'agit d'une tragédie, d'un drame, on sent un être humain en train de vaciller, la musique explore sa fragilité, on ne sait pas s'il va se relever.

 

Vous comprenez bien que cet album est très riche et qu'il est bien compliqué d'en faire le tour en quelques mots. D'autres en parlent certainement mieux que moi. Laurent Rigoulet pour Télérama a eu cette phrase sublime au sujet de cet album : « Le voyage est envoûtant de bout en bout, et ce qui le rend précieux tient dans l’enluminure de chaque son, le ciselage, la beauté plastique... ». Ólafur Arnalds, le maître islandais, a tweeté à propos de cet album qu'il s'agissait certainement du meilleur album de l'année 2018. L'article en lien parle « d'un festin pour les oreilles », un album où l'on peut à la fois danser et se laisser emporter par la richesse des symphonies.

 

Webographie :

 

EMPIRE, Kitty, Nils Frahm: All Melody review – the magnificent and the misjudged [en ligne] https://www.theguardian.com/music/2018/jan/28/nils-frahm-all-melody-review [consulté le 7/03/2018]

 

HUIZENGA, Tom, Review: Nils Frahm, 'All Melody', [en ligne] https://www.npr.org/2018/01/22/578573392/first-listen-nils-frahm-all-melody [consulté le 7/03/2018]

 

RIGOULET Laurent, All Melody, Nils Frahm, [en ligne] http://www.telerama.fr/musiques/all-melody,n5493777.php [consulté le 7/03/2018]

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