Yann Tiersen, musicien de l'été

Cet été, je retournerai en Bretagne pour les vacances. Je n'en suis pas originaire, c'est juste un endroit où j'aime partir pour me ressourcer. Je n'y suis jamais allé que deux fois, mais à chaque fois, c'était à un moment pivot de ma vie. Ca marque forcément. Ces vacances étaient à chaque coup riches d'expériences nouvelles, de rencontres, de moments forts.

Cette petite escapade me donne l'occasion de vous parler d'un musicien breton que j'admire tout particulièrement. Il s'agit de Yann Tiersen. Quand je l'écoute, il y a quelque chose de solaire dans ce qu'il compose. Prenez l'exemple que la plupart de vous connaisse : la valse d'Amélie.

 

 

À première vue, la composition peut vous sembler vieillotte. C'est une valse à l'accordéon, inspirée des bals musette et accompagnée çà et là par des percussions. Vous imaginez les rues de Paris, le visage d'Amélie et aussi, le temps qu'il fait. Il fait beau naturellement. Cette valse, elle pourrait être dansée un soir de 14 juillet, vous ne trouvez pas ?


Alors on pourrait croire que le film influe l'imaginaire que l'on créé sur la musique. Je prends alors la B.O. d'un autre film un peu moins connu : Good bye Lenin. Ici, tout est dans le titre : Summer 78, mais pas que...

 

 

Good bye Lenin, c'est l'histoire d'un Allemand de l'Est : Alexander, dont la mère, fervente communiste, tombe dans le coma à la suite d'un infarctus. À son réveil, le mur de Berlin est tombé. Afin d'éviter un nouveau choc, Alexander tente alors de créer l'illusion que la RDA existe toujours.

Dans Summer 78, c'est le côté assommant de l'été que je perçois. Il y a cette courte phrase lancinante qui revient sans cesse au début et qui marque une atmosphère lourde et pesante. Et puis, dans cette atmosphère à 0,40 sec, il existe comme une bulle d'air, on essaie de nous raconter une histoire mais les notes de l'atmosphère pesante sont toujours là. Et l'ensemble est repris sur des tons de plus en plus grave comme pour insister sur l'atmosphère suffocante de l'été.

 

Il y a aussi une chanson. L'une de mes préférées : Les jours tristes. Il y a du panache dans cette chanson, quelque chose de lumineux, un souffle tout estival. J'ai rarement écouté des paroles aussi tristes mais dont l'accompagnement musical vous communique une soif de vivre aussi forte. Quand je l'écoute, j'imagine un mentor : Merlin, Vitalis, Gandalf (au choix) qui explique à son élève qu'il existe toujours une lueur d'été en soi. Et puis, il y a cette promesse à la fin du refrain « They'll understand one day, one day. » Les dernières notes sont graves comme pour marquer le sérieux de la situation ; cependant, le rêve a été tellement fort que rien ne semble impossible.

 

 

Il y aurait bien d'autres compositions à citer ici mais j'aimerais consacrer un peu de temps au p'tit dernier de ce compositeur : EUSA, ce qui en breton signifie « Ouessant ».

 

J'ai longtemps cherché à comprendre pourquoi je me suis senti à ce point en symbiose avec EUSA. Et puis, il y a eu un jour, une madeleine de Proust. Le souvenir d'une  promenade en solitaire sur les îles d'Houat et d'Hoedic. Certes, ce n'était pas Ouessant... mais l'univers global demeure similaire. La puissance de l'Océan et l'odeur des embruns. L'atmosphère lourde. La végétation sèche. Le premier morceau auquel je pense, c'est Pern. Il donne l'impression que l'on approche petit à petit d'une île,  que l'on prend le bateau en cours de route et que petit à petit, il arrive à quai.

 

 

L'ensemble de l'album est aérien. Les notes s'enchaînent les unes aux autres avec l'évidence du vol d'un oiseau côtier. Et parfois, la tension peut retomber, lorsque le soleil arrive à son zénith, où lorsque l'oiseau plane avant de se remettre à battre des ailes. Dans l'extrait ci-dessous, Penn ar Roch, nous ne sommes plus sur le bateau. Nous survolons une île, nous la traversons et retraversons à l'envi. Il y a une forme d'apothéose dans ce morceau.

 

 

Et puis le rythme de la vie devient plus lent. C'est le crépuscule sur une plage bretonne. Nous sommes près d'une côte sauvage en train de regarder le coucher du soleil. C'est langoureux, apaisant. Roc'h ar Vugale nous berce. On se refait le fil de la journée, on se laisse porter par les rêves, on invente des histoires autour d'un feu. Ca sonne comme le flux et le reflux des vagues sur le sable avant que les derniers rayons du soleil ne disparaissent à l'horizon (pour passer l'intro mettre le curseur à 1'50).

 

 

Je n'oublie pas non plus les "hent", ces extraits de langue bretonne parsemés çà et là, tout au long de l'album. Ainsi, j'irai en Bretagne cet été avec EUSA dans les oreilles. Alors, c'est vrai. De la musique instrumentale, au piano qui plus est, il y a peut-être mieux pour profiter de la belle saison. C'est aussi le moment de se dire que l'été, c'est une pause. Une période où la vie ralentit et où il est à nouveau possible de se rendre disponible à ce que le monde nous offre. Donc, voilà profitez-en bien des derniers jours d'été restants. Offrez-vous un moment de calme et écoutez EUSA.

 

Bien @ vous,

 

Br.

 

EUSA Goodbye Lenin Le fabuleux destin d'Amélie Poulain Bretagne été piano musique

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site