À la paix d'Alep

Sans arrêter la guerre,
Ils parlent de faire la paix.

Ils ne connaissent
Ni les cris,
Ni les pleurs,
Ni les prières.

Alors,
Sans arrêter la guerre,
Ils parlent de faire la paix.

 

Ils s’indignent de mots hachés,
Ils en appellent à
L’histoire,
L’humanité,
L’honneur.

Personne ne se tait et tout le monde sait.

Sans arrêter la guerre,
Ils parlent de faire la paix.

Ils devinent
Les amas de moucharabiehs difformes,
Le glauque des arbres gris,
Les albâtres rougissants,
Les enfants… les enfants.

Ils sont pareils à
Ceux de Srebrenica,
Ceux de Sarajevo,
Ceux de Guernica.

Au-dessus d’eux, le ciel est blanc de poussière.

Ce n’est pas un blanc immaculé,
Ce n’est pas du lait,
Ce n’est pas du coton.

C’est un blanc cassé,
Telle leur ville,
Telle leur vie.

Ce ciel est un linceul.
Il emporte avec lui les rêves que l’on fait à l’aube, loin de la nuit.

Ce ciel est une page noire.
Il y est écrit que la victoire du feu sonne le glas des Hommes.

Ce ciel est un cri.
Il porte le nom de liberté, laissé à la merci de somnambules venus d’ailleurs.

Ceux-là même
Qui sans arrêter la guerre,
Parlent de faire la paix.

Alep société Syrie guerre

Commentaires (1)

1. Danni 16/12/2016

Magnifique poème, encore plus émouvant étant donné l'actualité. Merci infiniment.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site