Les associations de soutiens aux migrants protestent contre le « mur de la honte »

Le 18 décembre marque la journée internationale des migrants. A cette occasion, plusieurs collectifs de soutien aux migrants de Calais se sont réunis pour protester contre l’érection d’un mur autour du port de la ville. Récit d’une situation humanitaire qui devient de moins en moins tenable.

Publié dans le journal Le Soir

Avec sa pancarte : « Royaume-Uni : laisse les entrer ! », Lise Peretz se fond très facilement parmi les manifestants. Il faut tendre un peu l’oreille pour constater qu’elle est britannique. Elle a fait la route depuis Oxford pour venir manifester. Son but est simple : représenter le collectif « Barbed Wire Britain » dont la mission principale est de lutter contre les maltraitances faites aux migrants. Elle porte aussi un message : « Je suis désolée de ce que mon gouvernement est en train de faire en France »

Par ces mots, il faut comprendre l’érection d’un mur sur le périmètre du port de Calais afin de renforcer des barrières déjà existantes. Le ministre britannique de l’immigration juge en effet les clôtures actuelles « inadéquates » et « trop faciles à escalader », une réflexion qui a quelque peu agacé le ministre français de l’intérieur : Bernard Cazeneuve au mois d’octobre dernier. Alors quand ce dernier fait remarquer à la Grande-Bretagne son manque de responsabilité sur la question migratoire, il n’en faut pas moins aux Britaniques pour mettre 15 millions d’euros sur la table. C’est cet argent qui est utilisé pour ériger une barrière de plus autour du port de Calais.

Cette barrière, les collectifs de soutien aux migrants l’ont baptisé : « mur de la honte ». Guy Bedos, humoriste venu soutenir le cortège des manifestants, dénonce surtout le fait que ce mur se construise « sous un gouvernement qui se prétend de gauche et je mets des guillemets à "gauche" ».

Un rêve : l’Angleterre

Mais au-delà du mur, ce qui préoccupe de plus en plus les associations caritatives, c’est l’augmentation spectaculaire du nombre de migrants bloqués à Calais et rêvant d’accéder à l’Angleterre. Ce chiffre est passé de 1500 à 2300 personnes en l’espace de moins d’un mois. Avec cette hausse impressionnante de la population de migrants, les esprits s’échauffent plus vite et les cas de délinquance provoqués par des migrants se multiplient d’après les forces de police.

Dans ces violences, on compte bien souvent des morts. Les causes de ces drames sont multiples : la victime a pu être poignardée ou avoir reçu une balle au thorax. La majorité des décès chez les migrants reste cependant due à des accidents de la route.

Pour ne pas oublier ces victimes, le collectif « Stop violence » a nommé chaque migrant mort sur le sol de Calais en 2014. Pendant que l’on égrène leurs noms, la foule fait silence. On se croirait à une cérémonie du 11 novembre. Sauf qu’au lieu de conclure l’hommage à chaque personne disparue par un « mort pour la France », on entend un « mort en tentant de traverser l’autoroute, le chauffeur ne s’est pas arrêté ». Quand cette litanie macabre s’achève, le collectif « Stop violence » conclut par ce qui semble désormais être une évidence : « cette frontière tue ».

société France migrants Calais Grande-Bretagne

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site